Etude de modèle
vivant
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Description des premières
séances, expérimentations et erreurs à
éviter |
rappel sur la
démarche et
intérêt d'un carnet de bord
Les
notes suivantes portent sur des travaux personnels commentés et ne
constituent pas un cours sur une technique donnée.
Tenir
un carnet de bord de ses essais nourri d'une autocritique honnête est
un moyen formidable de progresser. Fort utile pour revenir sur
l'origine de succès
passés ou éviter de retomber dans des erreurs
systématiques.
Les travaux suivants ne cherchent pas le beau puisque brouillons et
tatonnements. C'est davantage l'évolution que le joli qui
compte.
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lecture
du sujet
Première séance de modèle vivant.
Manque de temps d'observation avant de passer au dessin.
Il est nécessaire de se déplacer autour du
modèle
pour s'approprier sa position, "sentir" ses tensions, ses lignes de
forces, pour pouvoir l'imiter soi-même. Utile pour corriger
son
dessin selon ce que l'on sent plutôt que selon ce que l'on
voit
(attention: risque de perpétuer ses erreurs de lecture
à
évaluer).
Choisir son angle pour dessiner une position LISIBLE. Comme en BD. Ne
pas se retrouver avec un bras cachant à demi un torse ou des
tangeantes qui brouillent la lecture sans rien apporter. CADRER comme
le ferait un photographe. Durée 4x20mn.
matériel
canson blanc à grain 160g 50x65
crayon fusain H, repassé 2B
Le crayon est mal adapté au format, le trait est trop fin et
le
contact sec. Une grosse mine type craie ou grosse section
carrée
serait mieux adaptée à l'ébauche sur
une grande
surface. On éviterait de tracer trop tôt des
détails.
=> idée: se rapprocher des techniques de peinture et
attaquer
par traits épais et tâches d'ombres les masses,
donner du
relief.
=> prochaine étape: passer au papier
coloré + fusain + craie blanche
dessin
Première esquisse rapide et décevante. Raide,
sans vie. Poubelle.
Deuxième esquisse en partant d'un axe vertical mais sans
encadrer le sujet dans un gabarit. Cette méthode de
géomètre est sans plaisir et condamne
certainement
à multiplier les points jusqu'à devenir une
machine
à pixeliser une image. Et risquer de bloquer
sur des perspectives
inconsidérées parce que l'angle de vue a
changé.
Choix de ne pas suivre cette méthode et de
considérer
plutôt des proportions relatives au corps et peu
déformable: manubrium-creux du sternum/bourrelet du
bas-ventre/cuisse/jambe mesurées en têtes.
Projection des
articulations bras relatives au tronc.
Important: poser un quadrilatère comme plan du sol pour
évaluer la perspective, l'angle de fuite, sinon les pieds
seront
distants l'un de l'autre sans que l'on sache s'il s'agit d'une hauteur
ou d'une translation.
Important: mieux cadrer le sujet sur la feuille (trop petit, c'est
laid).
éclairage
Ca arrive à la fin, on noircit tout de taches ou des rayures
Proudhonnesques et c'est moche parce que les outils ne sont pas
adaptés. Budgetiser un bon tiers/quart du temps restant. On
peut
rattraper beaucoup d'erreurs de dessin (sauf proportions) en jouant sur
la perspective, le relief que permet l'ombrage.
So next...
1. Ne rien faire que regarder d'abord, s'approprier le sujet, sa pose.
2. Choisir le cadre, l'angle qui va bien. Privilégier la
lisibilité de la position
3. cadrer sur le papier le bonhomme avec une vue d'ENSEMBLE. Ne pas
partir d'une tête en haut que l'on déroule
jusqu'au sol.
Essai: partir d'un squelette fil de fer à habiller. Pour
voir.
4. Attaquer le dessin par des masses au gros trait, placer des ombres...
5. Essai à la Singer Sargent: partir des taches d'ombre et
lumière, laisser se décanter tout seul vers les
détails. |
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lecture du
sujet
autoportrait devant miroir, choix d'une position lisible et claire.
durée 1h30
matériel
Ingres gris-bleu 100g 50x65
essai au carré fusain CONTE 09/2B... beacoup trop gras et
généreux pour une esquisse. Retour au crayon
fusain H, HB.
craie blanche carrée CONTE HB, 2B
dessin
Esquisse en partant de la cage thoraccique (et non de la tête
que
l'on déroule jusqu'au sol) articulée sur la
colonne.
Approche squelette à habiller. Attention
particulière sur
les proportions tête cou épaules sternum hanches
puis
dessin de la silouhette. Redimensionnement de la tête. Partir
de
la colonne vertébrale permet d'affirmer la position, de
décrire une inclinaison de cou ou une cambrure.
Puis dessin très orienté ombres et
lumière:
d'abord les ombres (2B noir), puis les lumières(2B blanc).
On
estompe toujours entre lumière et ombre, usage du blanc et
du
noir.
Règle d'or: jamais
de trait
noir sur un trait blanc, jamais de trait blanc sur un trait noir, rien
que des traits tracés sur du gris estompé
précedemment. On ne mélange pas les
ombres et les
lumières: les demi-teintes sont le produit d'estompage ou du
papier par transparence et rien d'autre.
1. blanc - 2. estompage - 3. noir - 4. estompage
retour en 1... jusqu'à obtenir un contraste satisfaisant.
Etompage de grandes zones au mouchoir en papier qui ne filoche pas, au
doigt pour des petites zones.
éclairage naturel
Travailler d'abord exclusivement sur une distribution de
lumière
crédible, avec des contrastes réalistes. Ensuite
on
s'occupera des détails. Limitation des hachures
parallèles: peu couvrantes, peu maniables. A travailler.
So next...
Mieux doser les différentes couches, s'imposer un nombre
limité dès le départ et les nommer.
Pour
éviter des itérations interminables qui
applatissent les
masses de reflets trop vastes et d'ombres trop franches sans gris pour
rééquilibrer. |
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autoportrait
Ingres gris-bleu 100g 50x65
crayon fusain H, HB - craie blanche carrée CONTE HB, 2B
dessin
Esquisse au fusain H rapide mais précise (proportions OK)
1. blanc 2B - estompage grossier mouchoir
2. noir H - estompage grossier mouchoir
3. blanc HB - estompage
4 noir HB - peu d'estompage, au doigt
...
jusqu'à obtenir un contraste satisfaisant. Partir du gras
très estompé pour dégrossir, puis
aller vers du
plus en plus sec avec traits apparents pour donner du rugueux
précis. Terminer avec du noir 2B des traits
très
foncés pour affermir les caractéristiques du
visage.
So next...
Passer plus de temps sur les premières couches grasses pour
partir sur des gris plus contrastés et riches en
blancs/noirs.
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Dessin
Ici on a dessiné un squelette habillé, une
colonne avec une cage thoraccique, des hanches. La lecture des hanches
(brouillée par la main passant devant) est à
améliorer. Comprendre encore et encore la structure sous la
peau. Nulle certitude d'aboutir à des résultats
probants ainsi, par ailleurs.
...
Ca continue de ressembler à des tuyaux de poêle
avec de grosses articulations. On ne voit pas l'avancée de
la jambe gauche, le genou ressemble trop à une boule. Les
mains sont n'importe quoi comme d'habitude (mais pas d'effort mis
dessus et le modèle ne tient pas la pose des mains).
So... il faudrait se décider sur une méthode:
1. dessiner de tête à partir d'un squelette fil de
fer et l'habiller de chair en s'inspirant du modèle
2. géomètre: reproduire des points dans l'espace
et les interpoler au mieux
3. à la Matisse, partir d'un point et promener son crayon
jusqu'au bout pour obtenir une silhouette vive.
Surement partir de (2) puis construire (1) et passer à (3)
est une méthode efficace pour reproduire un dessin bien
construit et vivant (puissance de la ligne qui épouse le
profil sans géométriser).
Lumière
Trop de temps passé à trouver les bons gris. De
plus, tout se joue à la fin ou l'on pose des
lumières blanches saturées (blanc gris sale
à cause des couches inférieures), presque au
trait épais, et les noirs au 2B. Trouvaille interessante: on
peut 'peindre' en se servant du blanc HB peu gras pour
étendre, étirer, fondre les gris des couches
précédentes. Mais on quitte le Prudhonisme
à hachures parallèles.
Gestion du temps
4x20mn. Je croyais que la 3ème séance
était la dernière alors j'ai fignolé
en vitesse et me suis retrouvé avec une séance
surprise entière pour encore plus de finitions.
Très bien, permet de prendre du recul et de poser des
lumières, de donner une touche de vie finale au dessin.
Garder ce principe et séquencer ainsi:
1. construction du dessin
2. pose des lumières et ombres, gris
3. finir les aspects contraste et dessin
4. finition, reflets et ombres essentiels, regard du chieur.
(et surtout, profiter des pauses pour se reposer le regard, oublier son
dessin pour y revenir avec un regard plus neuf)
So next...
Penser à amener un miroir pour voir d'un coup toutes ses
erreurs de dessin.
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