Peindre une nature morte au pastel sec, étape par étape
Modèle, éclairage et composition
Étude de pastel sec, carré Conté - craie blanche et pierre noire
Un morceau de pain appétissant, riche en contraste de couleurs chaudes. Pas de composition particulière pour cette étude dont l'objectif est le travail des couleurs au pastel sec.
La lumière naturelle d'un ciel légèrement voilé est complétée par une lumière électrique afin de réchauffer l'ensemble.
Choix d'une palette
C'est la première étape, nécessaire, produit d'un travail d'observation des couleurs et d'expérience pratique des mélanges au pastel.
Il s'agit de prévoir les mélanges par lesquels on va atteindre sur le papier la couleur voulue. Ceci demande de penser en couleur... un entraînement régulier plutôt qu'intensif, tout en observation, un peu de pratique et ça devient naturel.
C'est qu'il faut compter avec la transparence de certaines couleurs ou leur pouvoir couvrant et éviter les tâtonnements qui multiplient les couches jusqu'à saturation du papier en matière (on ne peut alors plus rien faire faute d'accroche!)...
Peut-on se passer de cette étape ? Essayez sans, gare aux impasses!
Palette retenue
- Base sépia et blanc pour teinter le fond
- Ocre jaune + blanc pour la mie de pain et le blanc chaud éclairé
- Variations d'ocre jaune + sépia + sanguine pour la croûte
- Outremer, sépia, bordeaux pour renforcer/colorer les ombres
- Traits minuscules de pierre noire pour le charbon du pain
- Réhauts de jaune chair clair just for fun
1ère étape : dessin puis barbouillage du fond
Le dessin est rapidement obtenu. On a raccourci la longueur du pain pour une meilleure composition. On a choisi le crayon sépia pour la relative neutralité de cette sorte de brun passe partout qui se mélange bien à toutes les couleurs.
On hachure ensuite à la craie blanche l'ensemble afin d'imprégner le fond d'un blanc qui permet une bonne accroche pour le travail en couches opaques.
On n'est pas sous Photoshop! Ne pas oublier que l'on travaille avec de la matière! Il faut préparer les sous-couches, les transparences, etc.
2ème étape : la démarche, contraste croissant
On va dans le sens d'un contraste croissant : on éclaircit les clairs, on assombrit les sombres, on fait monter les couleurs progressivement.
Travail du contraste : valeurs et ombres
On hachure densément de sépia et d'outremer pour foncer et nuancer le ton des ombres.
Après avoir imprégné d'ocre jaune le fond de la croûte, on travaille son relief en hachurant dans le sens du volume à la sanguine, on vient foncer au sépia ça et là.
On obtient le jaune clair de l'assiette en alternant barbouillage d'ocre jaune et de blanc puis on réhausse le reflet en écrasant un bout de carré blanc.
3ème étape : faire monter les couleurs
On alterne mélange de couleurs couvrantes (ocre jaune, blanc et sanguine) et ajout de hachures vives pour faire monter les couleurs qui se mélangent dans l'épaisseur des couches successives.
On va dans le sens d'une saturation progressive des couleurs en éliminant les traces de blanc des couches précédentes en se rapprochant des couleurs pures.
Penser à doser la quantité de matière dans une démarche de contraste progressif. Étaler d'un coup une bande de couleur pure trop épaisse, c'est s'empêcher des retouches ultérieures because patinage sur du papier saturé de poudre.
On continue de hachurer avec l'œil vissé sur les valeurs puis les tons. On corrige les tons en refroidissant d'outremer ici ou de bordeaux par là, on ombre froidement au sépia, on réchauffe à l'ocre.
Enfin, étape ultime pour saturer les contrastes, on vient marquer les reflets et clairs saturés (blanc de la mie de pain, lumière claire de la croûte, reflet sur l'arête de l'assiette). On pose trois traits de pierre noire sur le brûlé de la croûte.
Done!